L’annonce de sa disparition a été confirmée par le Forum des Congolais de Cincinnati. Carlyto Lassa se trouvait dans la métropole américaine dans le cadre d’une campagne d’évangélisation organisée les 29 et 30 août. Il est décédé au lendemain de ce rendez-vous religieux. Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas encore été communiquées.

Né le 15 janvier 1961, Charles Ndombasi Lassa avait débuté sa vie professionnelle comme tailleur à Matadi, dans l’actuelle province du Kongo Central. Son talent vocal exceptionnel va toutefois rapidement l’orienter vers la musique.

Il rejoint d’abord le mythique T.P. OK Jazz de Franco Luambo Makiadi, où il se distingue par la puissance et la singularité de sa voix. C’est cependant au sein de Choc Stars, l’orchestre de Ben Nyamabo, qu’il va véritablement s’imposer sur la scène musicale congolaise. Aux côtés de grandes figures comme Bozi Boziana, Debaba, Général Defao et Djuna Djanana, Carlyto Lassa devient l’une des voix incontournables de sa génération.

-Une voix marquante de la rumba congolaise-

Parmi les œuvres qui ont consacré sa réputation figure “Maya”, composée par le poète Lutumba Simaro. Dans cette chanson devenue emblématique, Carlyto Lassa impose une interprétation empreinte de mélancolie, portée par une voix cristalline qui a durablement marqué les mélomanes.

Son parcours est également jalonné de collaborations remarquées, notamment avec Papa Noël Nedule sur “Bon Samaritain”, ainsi que de plusieurs interprétations restées dans les mémoires, dont “Jardin de mon cœur”.

Au début des années 2000, après son installation en Europe, l’artiste opère un tournant majeur dans sa carrière. Il abandonne progressivement la musique profane pour se consacrer pleinement à la foi chrétienne, à la prédication et au chant gospel.

Cette nouvelle orientation donne naissance à une seconde carrière, notamment marquée par la sortie, en 2001, de l’album “La Reconnaissance”. Il se fait également connaître dans le milieu chrétien grâce au cantique “Makolo ya Masiya” (“Les pas du Messie”), devenu au fil des années l’un des titres marquants du répertoire gospel congolais.

Encore récemment, en juin dernier, lors d’un passage sur les ondes de la radio des Nations unies, le pasteur Carlyto Lassa témoignait de sa satisfaction d’avoir consacré une partie importante de sa vie à la prédication et à la louange.

Avec sa disparition, la République démocratique du Congo perd une figure singulière de sa musique. De la rumba au gospel, Carlyto Lassa aura traversé plusieurs générations en imposant une signature vocale reconnaissable et un parcours marqué par une profonde évolution artistique et spirituelle.