Dans plusieurs quartiers, des commerçants ouvrent leurs boutiques sans être inquiétés. Au passage de certains agents chargés de faire respecter l’initiative, des sommes allant de 1 000 à 2 000 francs congolais seraient versées pour permettre à certains de poursuivre leurs activités.

Une pratique qui soulève des interrogations sur le rôle des agents et des policiers censés accompagner cette opération. Au lieu de sensibiliser la population et de veiller au respect du Salongo, certains semblent davantage préoccupés par la perception de l’argent. Pendant ce temps, les avenues restent sales et les travaux d’assainissement ne sont pas toujours visibles.

Cette situation pose également la question de l’exemplarité des services de l’État. Comment demander aux habitants de respecter une mesure lorsque ceux qui sont chargés de la faire appliquer ne donnent pas eux-mêmes le bon exemple ?

Si « Kinshasa Ezo Bonga » demeure l’une des initiatives du gouvernement provincial pour améliorer l’image de la capitale, sa réussite ne dépend pas uniquement des décisions prises au sommet. Elle exige aussi de la responsabilité, de la discipline et de la conscience professionnelle de la part de tous les acteurs concernés.

Le Salongo ne devrait pas devenir une occasion de se faire quelques billets chaque samedi, mais un véritable engagement collectif pour une ville propre. Car Kinshasa ne pourra pas changer si ceux qui sont censés faire respecter les règles contribuent eux-mêmes à leur contournement.