L’Assemblée nationale du Sénégal a voté lundi 17 août une réforme qui étend l’obligation de déclarer et de publier son patrimoine. Désormais, cette exigence concerne non seulement le président de la République, mais aussi le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.
Sénégal : la déclaration de patrimoine désormais obligatoire pour les plus hauts responsables

Adopté par 133 voix sur 165, le texte impose deux échéances : une première déclaration dans les trois mois suivant la prise de fonctions, et une seconde dans les trois mois qui suivent la fin du mandat.
À l’origine, le dispositif ne visait que le chef de l’État. Un amendement du gouvernement a permis d’y ajouter le chef du gouvernement et le président du Parlement. Selon les défenseurs de la loi, le but est d'accroître la transparence, renforcer la reddition des comptes et mieux surveiller l’évolution du patrimoine des responsables publics.
Le gouvernement va plus loin. Il projette de rendre la déclaration de patrimoine obligatoire pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle.
Cette réforme arrive dans un climat politique tendu, marqué par les rapports difficiles entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. Plusieurs députés ont d’ailleurs dénoncé cet élargissement, estimant qu’il vise indirectement ce dernier.
Au-delà des enjeux politiques, la nouvelle loi fait de l’entrée et de la sortie de fonctions les deux moments clés du contrôle patrimonial au Sénégal.
Mina Ibango
Journaliste
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