La Banque centrale du Congo entame un nouveau chapitre de sa gouvernance. Le jeudi 16 juillet à Kinshasa, l’Institut d’Émission a organisé la cérémonie officielle de remise et reprise pour installer ses nouveaux vice-gouverneurs. Un moment présenté moins comme une rupture que comme la poursuite d’une trajectoire institutionnelle.
Banque centrale du Congo : la continuité institutionnelle au cœur du renouvellement de la haute direction

Sous la présidence du gouverneur André Wameso Nkualoloki, Charlotte Mulengezi Tshishibanji a pris ses fonctions de Première vice-gouverneure, et Jean-Marcel Kalubi Kayembe celles de Deuxième vice-gouverneur. Ils remplacent Fikiri Alimasi Dieudonné et William Pambu Pambu, qui quittent la haute direction après plusieurs années de service.
Cette passation intervient alors que la BCC reste au centre des équilibres macroéconomiques de la RDC. La nouvelle équipe hérite de chantiers exigeants : contenir l’inflation, défendre la valeur du franc congolais, consolider la solidité du système bancaire et soutenir la mise en œuvre des politiques économiques du Gouvernement.
Des profils internes pour assurer la continuité des réformes
Le choix de deux cadres issus de l’interne traduit une logique de valorisation de l’expertise maison. Charlotte Mulengezi Tshishibanji s’est fait connaître à la Banque pour son travail sur la stabilité bancaire et financière, les opérations monétaires et les marchés financiers. Jean-Marcel Kalubi Kayembe, lui, a bâti son parcours autour de la supervision bancaire, de l’inspection des établissements de crédit et de la coordination des représentations provinciales de l’Institut.
En misant sur la promotion interne, la BCC privilégie la continuité des réformes déjà engagées : renforcement de la gouvernance, approfondissement de la régulation prudentielle et modernisation des outils de politique monétaire. Cette approche garantit aussi une transition en douceur au sein d’une institution dont les décisions pèsent directement sur le climat économique et financier du pays.
Au cours de la cérémonie, un hommage a été rendu aux vice-gouverneurs sortants pour leur contribution à la consolidation de la Banque. Le gouverneur André Wameso Nkualoloki a réaffirmé, pour sa part, l’engagement de la BCC à assumer pleinement ses missions fondamentales, en stricte conformité avec le cadre légal.
Dans un environnement international marqué par les incertitudes et les tensions sur les marchés, la nouvelle direction devra tenir trois cap : stabilité monétaire, résilience du secteur bancaire et crédibilité de l’institution. C’est à cette condition que la confiance des investisseurs pourra être préservée, que les réformes économiques seront soutenues et que la Banque pourra accompagner les ambitions de développement de la RDC.
Au-delà d’un simple renouvellement de dirigeants, cette transition envoie un signal clair : la Banque centrale du Congo entend renforcer sa gouvernance en s’appuyant sur la compétence, l’expérience et la permanence de l’action publique. Une manière de réaffirmer le rôle central de l’Institut d’Émission dans la préservation des équilibres macroéconomiques et de la souveraineté monétaire nationale.
Mina Ibango
Journaliste
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