Cette trajectoire s’inscrit dans le prolongement des réformes engagées au début des années 2000, au sortir de la Deuxième guerre du Congo. La stabilisation progressive du cadre macroéconomique, le retour de la croissance et l’allègement de la dette obtenu en 2010 dans le cadre de l’initiative PPTE ont permis à la RDC de restaurer sa crédibilité financière. Sur ces bases, le pays a progressivement attiré des investissements dans des secteurs jugés stratégiques.

Le secteur minier demeure le principal levier de cette expansion. Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur sur le cuivre, la RDC bénéficie d’investissements internationaux soutenus, notamment de groupes tels que Glencore, China Molybdenum et Ivanhoe Mines. Des projets d’envergure, à l’image de Tenke Fungurume et du complexe de Kamoa-Kakula, illustrent cette montée en puissance. Le partenariat sino-congolais autour de Sicomines, récemment renégocié, a également permis de rééquilibrer les termes d’un accord longtemps critiqué, au profit des intérêts de l’État congolais.

Sur le plan réglementaire, la révision du code minier en 2018 a marqué un tournant décisif. En rehaussant les redevances sur les minerais stratégiques, dont le cobalt désormais taxé à des niveaux pouvant atteindre 10 %, et en renforçant la participation de l’État dans les projets extractifs, cette réforme a contribué à accroître les recettes publiques. Sous la présidence de Félix Tshisekedi, l’application plus rigoureuse de ce cadre a consolidé la captation de la rente minière.

Parallèlement, des efforts ont été engagés pour améliorer la mobilisation des recettes internes, notamment sous l’impulsion de Nicolas Kazadi, à travers la modernisation et la digitalisation des régies financières. Sur le front des investissements publics, le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) vise à réduire les disparités régionales, tandis que le projet Inga III incarne les ambitions énergétiques du pays.

Malgré ces avancées, des défis persistants demeurent. L’instabilité sécuritaire dans l’Est, marquée par la résurgence du mouvement M23, continue de peser sur les perspectives. À cela s’ajoutent les enjeux structurels liés à la diversification de l’économie, encore largement dépendante des ressources minières, ainsi qu’au déficit en infrastructures et en capital humain.

Cette montée en puissance confère néanmoins à la RDC un rôle accru sur la scène régionale et internationale, notamment au sein des organisations sous-régionales et dans les négociations liées aux ressources stratégiques. Elle s’accompagne toutefois d’exigences renforcées en matière de gouvernance, de transparence et de redistribution des richesses.

Si l’ascension économique du pays marque une étape historique, sa portée réelle dépendra de sa capacité à transformer cette croissance en progrès tangible pour la population.