L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe reste officiellement membre de l’Union sacrée de la nation. Pourtant, les prises de position de plusieurs personnalités et comptes gravitant autour du parti donnent, depuis quelques semaines, une image plus contrastée de son positionnement politique.
UNC : quand l’entourage de Kamerhe prend ses distances avec l'Union sacrée de la nation

Fin août, Vital Kamerhe réaffirmait encore son soutien au dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Les regroupements A/A-UNC et AVK 2018 continuaient, de leur côté, à se présenter comme la « deuxième force politique de la majorité parlementaire ». Mais sur les réseaux sociaux, notamment sur X, plusieurs voix proches de l’environnement kamerhiste adoptent un ton nettement plus critique à l’égard du pouvoir.
Le cas d’Alain Makwesa illustre cette évolution. Avant sa suspension, le 24 août, pour des propos qualifiés de « caractère tribal », l’ancien secrétaire particulier du secrétaire général de l’UNC, Billy Kambale, avait publiquement affirmé que « l’UNC n’est pas d’accord avec le changement de la Constitution ». Il avait également qualifié cette perspective de « bêtise » et multiplié les critiques contre certaines initiatives du pouvoir.
Le 9 août, Alain Makwesa avait par ailleurs réagi à une publication affirmant que « l’UNC n’est plus avec le Président ». Ses fonctions auprès du secrétaire général au moment de ces prises de position ont donné une résonance particulière à ses déclarations, sans toutefois permettre de les considérer comme une position officielle du parti.
Dans le même environnement numérique, plusieurs comptes affichent également des positions critiques envers le pouvoir. OLB.CD, qui se présente comme une « archive UNC » et dont les captures disponibles montrent qu’il est suivi notamment par Billy Kambale et plusieurs cadres du parti, relaie régulièrement des contenus hostiles au changement constitutionnel et faisant référence à une forme de « résistance ».
Bibishe Pascaline, très active dans l’écosystème numérique proche de l’UNC, relaie pour sa part certaines initiatives de l’opposition. Jackson Mukunda, présenté par Cœur d’Afrique comme ayant longtemps évolué dans l’environnement de l’UNC, affiche également aujourd’hui un discours plus critique.
Ces liens numériques doivent toutefois être interprétés avec prudence. Le fait de suivre un compte ou de partager certaines publications ne suffit pas, à lui seul, à établir une coordination politique ou une approbation systématique. L’accumulation de ces signaux alimente néanmoins les interrogations sur l’évolution d’une partie de l’environnement politique et numérique du parti.
À l’intérieur même de l’UNC, les positions apparaissent d’ailleurs moins homogènes. Le député national Michel Moto défend ouvertement le processus constitutionnel. En juin, il affirmait que « neuf députés sur dix » de l’UNC y étaient favorables, tout en reconnaissant que la direction du parti ne s’était pas encore officiellement prononcée sur la question. Il assurait parallèlement que l’UNC demeurait dans l’Union sacrée derrière Félix Tshisekedi.
D’autres cadres du parti, à l’image de Baudouin Mayo, ont également défendu publiquement des positions convergentes avec celles de la majorité présidentielle.
Cette coexistence de discours différents entretient ainsi une certaine ambiguïté autour de l’UNC. Le parti n’a annoncé ni son retrait de l’Union sacrée ni une rupture avec Félix Tshisekedi. Vital Kamerhe continue lui-même de soutenir certaines initiatives présidentielles. Mais, dans le même temps, plusieurs voix issues ou proches de son environnement numérique critiquent ouvertement le pouvoir et certaines de ses orientations.
À ce stade, rien ne permet donc d’affirmer que l’UNC prépare une rupture avec Félix Tshisekedi. Le contraste entre les positions officielles de ses dirigeants et les prises de parole d’une partie de son écosystème numérique constitue toutefois un élément politique à surveiller, alors que les débats autour du changement constitutionnel et du dialogue national continuent de diviser la classe politique congolaise.
La rédaction
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