Au-delà du montant, c’est l’absence totale de traçabilité qui choque. Alors que les autorités congolaises insistent sur la modernisation fiscale et la réduction des paiements informels, voir des structures de santé fonctionner sans procédure de facturation normalisée renforce l’impression d’un système opaque.

La situation devient d’autant plus problématique qu’elle touche directement au secteur de la santé. Les patients n’ont souvent pas d’alternative. Qu’il s’agisse d’une urgence, d’un suivi médical, d’une procédure d’assurance ou d’un transfert vers un autre établissement, ils doivent présenter leurs anciens résultats. Pris par l’urgence, beaucoup s’exécutent sans poser de questions, même sans justificatif. Pourtant, une facture normalisée n’est pas un détail : elle protège le patient, assure la traçabilité des recettes et contribue à formaliser l’économie.

Depuis plusieurs années, l’État congolais promeut l’usage des factures normalisées pour limiter les pertes fiscales et les perceptions parallèles. Dans les faits, de nombreux établissements, publics comme privés, continuent d’imposer des frais divers sans fournir le moindre document. Cette situation entretient une économie informelle qui prive l’État de ressources et expose les usagers à des abus.

Le cas de HJ Hôpital de Limete illustre un défi plus large : comment bâtir un système de santé crédible et moderne si les opérations les plus élémentaires échappent encore aux règles de transparence ? À l’heure où la digitalisation des services et la mobilisation des recettes figurent parmi les priorités nationales, la délivrance systématique de factures normalisées dans les hôpitaux ne devrait pas être une option, mais un standard minimal.