Ce drame, survenu dans l’une des zones les plus stratégiques et supposées sécurisées de la capitale, a profondément choqué l’opinion. Il marque une étape supplémentaire dans la perception d’une insécurité désormais diffuse, imprévisible et capable de frapper partout.
Un crime révélateur d’une insécurité généralisée
Au-delà de l’émotion suscitée, l’assassinat d’Amisi Vally s’inscrit dans une série d’événements violents qui traduisent une dégradation progressive du climat sécuritaire. Quelques jours auparavant, un bijoutier avait été tué en plein jour à Yolo. Dans plusieurs quartiers comme Kingabwa, Makala ou Mombele, les Kuluna continuent d’imposer leur loi, souvent sans réelle dissuasion.
Sur certains axes, notamment la Route des Poids Lourds, des groupes de jeunes contrôlent des points de passage et imposent des paiements informels aux usagers. Sous certaines passerelles, d’autres groupes occupent durablement l’espace public, affichant ouvertement leur présence et contribuant à un sentiment de désordre généralisé. Dans une vidéo largement relayée, le sénateur Gecoco Mulumba a d’ailleurs dénoncé cette situation, appelant à une réaction urgente des autorités face à ce qu’il considère comme une dérive sécuritaire préoccupante.
Réaction de l’État : des mesures annoncées sous pression
Face à cette montée de l’insécurité, le gouvernement a tenté de rassurer. Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a présenté les mesures engagées pour endiguer la criminalité.
Parmi celles-ci :
l’intensification de l’opération NDOBO contre les gangs urbains ;
le recrutement et la formation de 90 000 policiers sur la période 2026–2030 ;
le renforcement des capacités logistiques de la Police Nationale Congolaise, avec notamment 100 bus et 69 véhicules de type Land Cruiser.
Si ces annonces traduisent une volonté de reprise en main, elles interviennent dans un contexte où la population attend désormais des résultats concrets et visibles.
Kinshasa à un point critique
L’assassinat d’Amisi Vally dépasse le simple fait divers. Il symbolise une réalité plus large : celle d’une capitale où la sécurité devient incertaine, y compris dans ses zones les plus sensibles. Ce drame pose une question centrale : Jusqu’où l’insécurité peut-elle progresser avant une réponse efficace et durable de l’État ? À Kinshasa, l’urgence n’est plus seulement d’annoncer, mais d’agir.



















