Défendu devant la Chambre haute, ce texte ambitionne de combler une lacune vieille de plusieurs décennies en mettant en place un cadre légal moderne pour l’organisation, la régulation et le développement des activités boursières en RDC. Son adoption ouvrirait la voie à la première place financière nationale capable d’offrir aux entreprises et aux investisseurs des mécanismes de financement conformes aux standards internationaux.

Inscrite dans la dynamique de modernisation impulsée par le président de la République, Félix Tshisekedi, cette initiative vise à renforcer les fondements de l’économie congolaise en diversifiant les sources de financement. Le gouvernement entend ainsi réduire la dépendance quasi exclusive des entreprises au crédit bancaire et favoriser l’émergence de nouveaux instruments de mobilisation de capitaux.

À travers la future Bourse de Kinshasa, les entreprises congolaises, qu’il s’agisse des PME ou des grandes sociétés, pourront accéder à des ressources financières de long terme grâce à l’émission d’actions ou d’obligations. Cette ouverture devrait également permettre aux investisseurs nationaux et étrangers de participer plus activement au financement de l’économie réelle.

Le projet de loi accorde une place centrale à la transparence, à la gouvernance et à la protection des investisseurs. Il définit les règles de fonctionnement du marché, les conditions d’agrément des intermédiaires financiers ainsi que les mécanismes de supervision destinés à garantir l’intégrité et la crédibilité de la future place boursière.

Pour l’exécutif, cette réforme constitue une nouvelle étape dans la série de transformations engagées pour renforcer l’attractivité économique du pays. Après les chantiers liés à la réforme fiscale, à la gestion de la dette publique et à la numérisation des finances, le développement du marché financier apparaît désormais comme un levier essentiel pour soutenir la croissance et l’investissement.

Au-delà de son impact économique, la création de la Bourse de Kinshasa porte une ambition régionale. Les autorités souhaitent faire de la capitale congolaise un centre financier de premier plan en Afrique centrale, capable de canaliser l’épargne vers des secteurs stratégiques tels que les mines, l’énergie, l’agro-industrie, les télécommunications et les infrastructures.

Plaidant pour une adoption rapide du texte, Doudou Fwamba a souligné l’urgence de doter le pays d’un instrument moderne de financement, estimant qu’un marché financier performant est indispensable pour accélérer la transformation économique et soutenir les grands projets de développement.

Si le Sénat donne son feu vert, la RDC franchira une étape historique vers l’émergence d’un marché des capitaux structuré, susceptible de renforcer la confiance des investisseurs, de stimuler l’investissement productif et de positionner durablement Kinshasa sur la carte financière du continent africain.