Au cours de la séance consacrée à la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, la représentante adjointe des États-Unis, Tammy Bruce, a adopté un ton ferme, appelant Kigali à respecter ses engagements internationaux. Elle a exprimé la “profonde déception” de Washington face à la poursuite des tensions, estimant que le maintien des troupes rwandaises constituait une violation des engagements pris dans le cadre des accords de Washington. Elle a, dans le même temps, rappelé l’importance pour Kinshasa de poursuivre ses efforts contre les FDLR, afin de favoriser un apaisement global.

La France a, de son côté, insisté sur l’application stricte de la résolution 2773, adoptée à l’unanimité. Paris a rappelé ses principales exigences notamment l’arrêt des offensives du M23, le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR par les autorités congolaises. Le représentant français a également souligné la nécessité de renforcer la participation des femmes dans les processus de paix, tout en réaffirmant le caractère non négociable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

La Chine a privilégié un appel au dialogue direct entre les parties, estimant que seule la voie diplomatique peut permettre une désescalade durable. Le Royaume-Uni, quant à lui, a alerté sur la dégradation de la situation humanitaire dans l’est du Congo, marquée par des déplacements massifs de populations et une pression accrue sur les pays voisins. Londres a insisté sur la nécessité de garantir un accès humanitaire rapide et sécurisé.

Dans ce contexte, plusieurs États ont réitéré leur soutien au rôle de la MONUSCO, appelée à renforcer le suivi du cessez-le-feu et les efforts de stabilisation sur le terrain. De son côté, la délégation congolaise a réaffirmé sa position ferme sur la souveraineté nationale et rejeté toute lecture du conflit qui éluderait ses causes structurelles, notamment l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’activisme des groupes armés.

Kinshasa a également insisté sur la dimension régionale de la crise, appelant à une coordination renforcée des initiatives diplomatiques en cours, notamment à Doha, Washington et au sein de l’Union africaine. Le gouvernement congolais a enfin réitéré son soutien à un renforcement du mandat de la MONUSCO dans le suivi du cessez-le-feu, estimant qu’une stabilisation durable passe par un contrôle plus efficace de la situation sur le terrain.