Pour mener son enquête, HRW a interrogé des témoins à Minembwe, principale localité des Hauts Plateaux actuellement sous le contrôle des groupes Twirwaneho et M23, ainsi qu’à Baraka, dans le territoire de Fizi, où sont déployées les forces gouvernementales et leurs alliés Wazalendo. Des entretiens ont également été réalisés avec des acteurs humanitaires, militaires, diplomatiques, des membres de la société civile et des représentants des Nations unies.

L’organisation décrit une situation humanitaire préoccupante, marquée par une insécurité persistante et des violations attribuées à différentes parties au conflit. “Les civils des Hauts Plateaux du Sud-Kivu vivent dans une crise grave et dans la peur d’exactions commises par toutes les parties. Cette situation, largement sous-médiatisée, risque de s’aggraver si elle reste ignorée”, a alerté Clémentine de Montjoye, chercheuse senior pour la région des Grands Lacs à HRW.

Le rapport fait également état de frappes de drones et d’attaques aériennes ayant touché la région entre janvier et mars 2026. Selon les données du projet ACLED, spécialisé dans le suivi des conflits, ces frappes ont connu une hausse notable depuis novembre 2025 dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu.

Le conflit local oppose notamment le groupe Twirwaneho, issu de la communauté banyamulenge, désormais allié au M23 et à des forces rwandaises, à l’armée congolaise et aux milices Wazalendo composées principalement de combattants issus des communautés Babembe, Bafuliru et Banyiundu. Selon des sources sécuritaires citées par HRW, des éléments de l’armée burundaise seraient également déployés aux côtés des forces congolaises dans les territoires de Fizi et de Mwenga.

Depuis la prise de Minembwe par le M23 et ses alliés en mars 2025, la zone est quasiment isolée, encerclée par les forces gouvernementales et leurs partenaires. Cette situation a entraîné une rupture quasi totale de l’acheminement de l’aide humanitaire et aggravé les pénuries alimentaires.

Les organisations humanitaires n’ont plus accès à la région depuis plus d’un an, tandis que les structures sanitaires locales font face à une grave pénurie de médicaments et de produits essentiels. Dans plusieurs localités, les denrées de base comme le sucre et le sel se font rares, provoquant une flambée des prix pouvant atteindre jusqu’à cinq fois ceux pratiqués dans d’autres zones du Sud-Kivu.

Les populations des zones contrôlées par les forces gouvernementales ne sont pas épargnées, selon plusieurs sources humanitaires, qui signalent également des difficultés d’approvisionnement en produits médicaux et de première nécessité dans ces territoires.