L’élu du Sud-Kivu a officialisé son départ dans une correspondance adressée au président de la Chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde. Cette démission intervient alors qu’une pétition de destitution, initiée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya, était en cours d’examen. En quittant ses fonctions avant l’issue de la procédure, Modeste Bahati Lukwebo évite ainsi une éviction formelle, susceptible d’entacher durablement son image politique.
Plusieurs facteurs ont fragilisé sa position. Ses récentes prises de position sur une éventuelle révision constitutionnelle ont suscité de vives réactions, y compris au sein de sa propre famille politique. Ce malaise s’est accentué avec le désaveu public du groupe parlementaire AFDC-A à l’Assemblée nationale, qui a tenu à se démarquer de ses déclarations, révélant des fissures internes jusque-là contenues.
À ces tensions politiques se sont ajoutées des critiques liées à la gestion de ses fonctions au Sénat, alimentant une fronde transversale. La mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner sa gestion a contribué à accélérer une issue devenue inévitable.
Malgré ce revers, Bahati Lukwebo s’efforce de préserver son positionnement au sein de l’Union sacrée. Dans une première réaction, il a réaffirmé sa loyauté envers le président Félix Tshisekedi, évoquant des « incompréhensions » plutôt qu’une rupture politique.
Cette démission ouvre désormais une séquence de recomposition au sein de la chambre haute. Plusieurs noms circulent déjà pour assurer la succession, dont celui de Norbert Basengezi Kantitima, présenté comme un profil capable de rétablir les équilibres politiques et régionaux.
Au-delà du cas individuel, cet épisode met en lumière les exigences de discipline et de cohésion au sein de la majorité au pouvoir. Il illustre également la fragilité des équilibres politiques dans un contexte où chaque prise de position peut redéfinir les rapports de force.
Le Sénat entame ainsi une phase de transition, dont les prochains développements seront déterminants pour la stabilité institutionnelle et les dynamiques internes de l'USN.
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Sénat : Bahati Lukwebo contraint à la sortie
Le Sénat congolais a connu un tournant majeur mercredi 18 mars 2026 avec la démission de Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président. Une décision qui, au-delà de son apparente spontanéité, s’inscrit dans un contexte de fortes tensions internes et de remise en cause de son leadership au sein de la majorité présidentielle.

Par Mina Ibango et Dan
Publié le 19 mars 2026
Modifié le 19 mars 2026 à 09h43
Lecture : 2 minutes.
Mina Ibango
Journaliste












