Un document interne daté du 23 février 2026 et signé par Emmanuel-Bernard Kasanda relance le débat sur la ligne de communication et le positionnement public de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Lu à huis clos lors d’une réunion des évêques à Kinshasa, le texte invite l’institution à une introspection sur ses prises de parole jugées par l’auteur “sélectives” et “intempestives”, susceptibles, selon lui, d’entamer la crédibilité de l’Église.

L’évêque de Mbuji-Mayi questionne notamment la fréquence et l’orientation des déclarations publiques de la CENCO. Il rappelle que la mission première de l’Église demeure spirituelle et pastorale, appelant à un recentrage sur ce cœur de vocation.

Depuis plusieurs années, la CENCO s’est imposée comme un acteur majeur du débat public en République démocratique du Congo, intervenant régulièrement sur les processus électoraux, la gouvernance et la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Une implication saluée par certains comme l’expression d’une autorité morale, mais critiquée par d’autres qui y voient un risque de politisation de l’institution ecclésiale.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de nouvelles sanctions annoncées par les États-Unis contre des responsables liés au conflit dans l’Est congolais, notamment au sein des forces rwandaises. Or, la CENCO avait publiquement plaidé contre l’application de telles sanctions, estimant qu’elles pourraient compromettre ses efforts de médiation dans le cadre du “Pacte républicain” qu’elle promeut.

Cette posture avait déjà suscité des interrogations sur la cohérence de son engagement face à l’agression dénoncée par la RDC contre le Rwanda. Dans son intervention, Mgr Kasanda appelle à davantage de transparence, à une communication plus unifiée et à un fonctionnement interne plus démocratique. Il évoque également la nécessité de prévenir toute forme de tribalisme au sein des structures ecclésiales.

Son message met en garde contre toute perception de dérive partisane qui pourrait fragiliser l’autorité morale de l’institution. Pour une organisation historiquement influente dans la vie sociopolitique congolaise, la question dépasse la simple polémique interne. Elle touche à sa crédibilité, à son unité et à son rôle dans un contexte national marqué par de profondes tensions politiques et sécuritaires.