En réalité, l’idée avancée est plus pragmatique c'est-à-dire encourager les églises à jouer un rôle actif dans l’accompagnement économique de leurs fidèles. Dans un contexte marqué par la rareté de l’emploi formel, ces structures disposent d’un potentiel réel pour encadrer, structurer et soutenir des initiatives entrepreneuriales. Une telle dynamique pourrait contribuer à la réduction du chômage tout en élargissant progressivement l’assiette fiscale.

Par ailleurs, l’État congolais a déjà mis en place plusieurs mécanismes de soutien aux PME, notamment à travers des dispositifs comme le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC), l’Agence nationale pour le développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC) ou encore le projet TRANSFORME. Toutefois, leur impact demeure limité, en raison d’un accès restreint et d’une efficacité jugée insuffisante par de nombreux entrepreneurs.

L’enjeu actuel consiste donc à renforcer ces initiatives, notamment en assurant l’application effective de la loi sur les startups et en introduisant des allègements fiscaux adaptés. De nombreuses petites activités restent aujourd’hui fragilisées par une pression fiscale élevée et un déficit d’encadrement.

Dans les faits, l’économie congolaise repose largement sur la débrouillardise de sa population. Des millions de citoyens entreprennent dans un cadre informel, créant une activité économique dynamique mais précaire. Ce tissu n’attend pas une assistance permanente, mais plutôt un environnement propice notamment des règles claires, un accompagnement structuré et une fiscalité plus équitable.

Dans ce contexte, les églises pourraient constituer un levier non négligeable, à condition de réorienter une partie de leurs ressources vers des initiatives productives. Aujourd’hui, certaines critiques pointent une concentration des richesses au sommet de certaines structures religieuses, tandis que les fidèles continuent de dépendre d’aides ponctuelles, parfois médiatisées.

En outre, une idée reçue persiste, celle selon laquelle les églises, en tant qu’associations sans but lucratif, seraient totalement exonérées d’impôts. En réalité, elles sont soumises à certaines obligations fiscales, dont l’application reste toutefois inégale sur le terrain.

Face à ces enjeux, un débat apaisé et lucide s’impose. Réguler le secteur religieux ne signifie pas remettre en cause la foi. De même, encourager les églises à soutenir l’entrepreneuriat ne revient pas à confisquer la dîme. Dans un pays où le potentiel économique est réel mais insuffisamment structuré, une action concertée entre l’État, les églises et les citoyens pourrait ouvrir la voie à un développement plus inclusif et durable.