Invité de l’émission “Ba Kinois balobi”, il a pointé en premier lieu l’opacité entourant les travaux de réhabilitation des principales artères de la capitale. Selon lui, aucun chantier en cours ne respecte les normes de transparence, notamment l’affichage des informations essentielles telles que le coût des travaux, leur durée ou encore l’identité des entreprises adjudicataires. Une absence qu’il assimile à une violation des règles de passation des marchés publics.

Le leader du Front des jeunes pour les sursauts patriotiques (FJSP) s’interroge également sur le retard persistant des travaux de l’avenue Kasa-Vubu, pourtant financés sous l’ancienne administration provinciale dirigée par Gentiny Ngobila. Il affirme que des fonds importants avaient été mobilisés à cet effet, évoquant notamment une enveloppe de 41 millions de dollars américains laissée dans les caisses de l’Hôtel de ville, ainsi que des équipements déjà acquis pour l’exécution des chantiers.

À ces ressources s’ajouteraient, selon lui, les 90 millions de dollars américains décaissés par le gouvernement central, sous l’impulsion de la Première ministre Judith Suminwa, pour soutenir les infrastructures urbaines de Kinshasa. Malgré ces apports financiers conséquents, l’état des routes dans plusieurs communes, dont Barumbu, Lingwala, Lemba ou encore le district de Tshangu, reste préoccupant.

Timothée Lenoir Efika rappelle par ailleurs que le président Félix Tshisekedi lui-même avait, en décembre 2025, exprimé son insatisfaction face à la dégradation avancée des infrastructures et à l’insalubrité dans la capitale. Pour l’analyste, cette situation traduit un manque de vision stratégique et de gouvernance efficace à la tête de la ville.

Un autre point de discorde concerne les mesures imposées par l’Hôtel de ville en matière de contrôle technique, de vignette et d’assurance automobile. L’analyste estime que ces décisions reposent sur des bases juridiques fragiles et dénonce des pratiques assimilables à des tracasseries administratives. Il s’interroge notamment sur le recrutement et la formation des agents déployés sur le terrain, certains ayant été épinglés pour des faits de corruption.

Dans le même registre, le ministre des Finances Doudou Fwamba a récemment affirmé que les travaux de réhabilitation routière à Kinshasa sont entièrement financés par le gouvernement central, remettant en question la contribution effective de l’exécutif provincial.

Malgré ces critiques, le gouverneur Daniel Bumba continue d’afficher une posture confiante, défendant son action sous le slogan “Kin ezo bonga”. Une communication jugée en décalage avec la réalité du terrain, marquée par des chantiers inachevés, une insécurité persistante, des inondations récurrentes et une urbanisation désordonnée.

Face à ces accusations, une question demeure : quelle est la destination réelle des recettes mobilisées par l’Hôtel de ville, alors que les conditions de vie des Kinois continuent de se détériorer ?