Avec cette transaction, ELNA Holdings reprend l’intégralité des activités de Bralima, de la production à la distribution, en passant par la gestion du personnel. Aucun détail n’a filtré sur le montant de l’opération. Fondée en 1923, l’entreprise était passée sous contrôle majoritaire de Heineken en 1986, devenant un acteur central du marché brassicole congolais.

Ce retrait ne signifie toutefois pas un départ total. Heineken conserve la propriété de ses marques et mise désormais sur des accords de licence à long terme pour continuer à capter des revenus. Des produits emblématiques tels que Heineken, Primus, Turbo King, Legend ou encore Mutzig resteront ainsi commercialisés sur le marché congolais, mais sans implication directe du groupe dans les opérations.

Ce virage stratégique intervient dans un environnement sécuritaire dégradé, particulièrement dans l’est du pays. En 2025, les installations de la Brasserie limonadière et malterie (Bralima) à Bukavu ont été lourdement affectées par des pillages survenus après le retrait des forces de sécurité face à l’avancée des rebelles de l’AFC/M23. D’autres sites, notamment à Goma, ont également été occupés par des groupes armés, privant l’entreprise de toute maîtrise opérationnelle. Dans ce contexte, Heineken avait déjà cédé une brasserie locale pour un montant symbolique.

L’accord conclu avec ELNA Holdings concerne les unités encore fonctionnelles situées à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi, qui concentrent environ 731 employés et restent relativement épargnées par les violences.

À travers ce repositionnement, Heineken adopte un modèle plus flexible, fondé sur l’exploitation indirecte. Une stratégie qui lui permet de sécuriser ses intérêts commerciaux tout en réduisant son exposition aux risques opérationnels dans un environnement devenu hautement instable.