L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion du Comité de politique monétaire, dans un contexte marqué par la multiplication de dossiers sensibles liés à la circulation de fortes sommes en devises. Ces dernières semaines, plusieurs affaires de saisies de millions de dollars en cash ont ravivé le débat sur la traçabilité des flux financiers et sur les limites du recours aux espèces dans une économie largement dollarisée.

Selon le gouverneur de la BCC, André Wameso, l’institution entend reprendre le contrôle des circuits d’approvisionnement en devises et renforcer la transparence des opérations. À compter de la date fixée, la Banque centrale détiendra l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères, une prérogative jusque-là également exercée par les banques commerciales.

La mesure la plus radicale concerne cependant l’interdiction totale des paiements en cash en devises, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Désormais, toute transaction en monnaie étrangère devra transiter par les circuits bancaires, exclusivement par voie scripturale.

Pour la BCC, cette réforme doit permettre de mieux sécuriser les flux financiers, de limiter les circuits informels, de lutter contre le blanchiment de capitaux et de réduire les risques liés au financement d’activités illicites. Les autorités monétaires y voient aussi un levier pour redonner davantage de place au franc congolais dans les transactions domestiques.

En parallèle, le Comité de politique monétaire a également décidé d’introduire une maturité de six mois pour le Bon BCC, un instrument destiné à mieux gérer la liquidité bancaire et à offrir un cadre de placement plus structuré aux établissements financiers. Cette mesure technique accompagne la réforme d’ensemble et traduit la volonté de la Banque centrale de renforcer ses instruments de pilotage monétaire.

Si l’annonce est présentée comme un tournant stratégique pour moderniser le système financier congolais, elle suscite déjà des interrogations dans les milieux économiques, notamment sur la capacité du secteur bancaire à absorber la transition et sur les effets possibles en matière de liquidité, de confiance et d’inclusion financière. À moins d’un an de son entrée en vigueur, le secteur financier congolais entre dans une phase d’adaptation décisive.