Le dispositif, placé sous la supervision de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), exige la constitution d’un dossier complet incluant des éléments juridiques, techniques et financiers. L’agrément, délivré pour une durée de cinq ans, devient ainsi une condition sine qua non pour opérer légalement sur le marché.

Derrière cette réforme, les autorités affichent une ambition de structurer un secteur encore largement informel, renforcer la confiance des usagers et affirmer la souveraineté numérique du pays. Une orientation stratégique qui s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation et de contrôle de l’espace digital.

Mais sur le terrain, la mise en œuvre suscite de nombreuses interrogations. Le tissu numérique congolais reste dominé par des startups souvent fragiles, sous-financées et peu accompagnées. Pour ces jeunes entreprises, les nouvelles exigences réglementaires pourraient constituer un obstacle significatif, d’autant que les délais d’adaptation sont jugés particulièrement serrés.

Ce durcissement intervient dans un contexte paradoxal. La RDC dispose, depuis plusieurs années, d’une loi dédiée à la promotion des startups, censée soutenir l’innovation et favoriser l’émergence d’un écosystème solide. Pourtant, cette législation demeure, à ce jour, largement inappliquée. En renforçant la régulation sans avoir pleinement activé les mécanismes de soutien, l’État prend le risque de fragiliser davantage les acteurs qu’il entend encadrer.

Les observateurs redoutent ainsi une recomposition du marché au profit d’un nombre restreint d’entreprises disposant des ressources nécessaires pour se conformer aux nouvelles règles. Une dynamique qui pourrait se traduire par la disparition de nombreuses structures émergentes et, à terme, par des pertes d’emplois dans un secteur pourtant porteur de croissance.

Si la régulation apparaît nécessaire pour organiser et sécuriser le secteur, elle ne saurait être efficace sans mesures d’accompagnement adaptées. Appui technique, dispositifs allégés pour les petites entreprises et mise en œuvre effective de la loi sur les startups figurent parmi les leviers attendus.

À quelques mois de l’échéance, l’enjeu dépasse désormais la seule question du contrôle. Il s’agit de trouver un équilibre entre encadrement et inclusion, afin que la transformation numérique en cours ne se fasse pas au détriment de ceux qui en constituent le moteur.