Le 7 avril à Kinshasa, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a réuni les opérateurs de télécommunications, les services de sécurité et les responsables du secteur pour examiner les lacunes du système actuel d’identification des abonnés. Les autorités s’inquiètent notamment de la facilité avec laquelle certaines cartes SIM sont obtenues, parfois sans vérification stricte de l’identité des utilisateurs.

Selon le gouvernement, cette situation favorise l’usurpation d’identité, les escroqueries et les menaces anonymes, compliquant le travail des forces de sécurité. Un contrôle plus rigoureux des abonnés est désormais jugé indispensable pour faire face à l’évolution des menaces.

Dans ce cadre, les autorités projettent la création d’une base de données centralisée et sécurisée des utilisateurs de cartes SIM, qui sera liée au futur fichier général de la population. Il vise à améliorer la traçabilité des communications et réduire les zones d’ombre dans l’identification des auteurs d’actes répréhensibles.

Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de gouvernance sécuritaire, où le numérique est perçu comme un levier clé de protection publique. En renforçant l’enregistrement des abonnés, le gouvernement entend à la fois prévenir les abus et fournir aux forces de sécurité des outils efficaces pour remonter la chaîne des responsabilités.

Au-delà du secteur des télécommunications, cette initiative traduit la volonté des autorités de mieux encadrer un domaine devenu stratégique, au croisement des enjeux de sécurité, de régulation et de protection des citoyens.